AccueilPortailCalendrierFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Dakota

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Dakota Littlebear



Messages : 11
Date de naissance : 18/06/1976
Date d'inscription : 21/02/2010
Age : 40

MessageSujet: Dakota   Sam 20 Mar - 16:04

Trou Noir


- "Allez Dak' ! On s'bouge. Faut qu'on aille à Odenville et Midway pour la prochaine étape !"
- " Ouais j'te suis Kery. Putain, dire qu'ils appellent ça une course... moi j'm'attendais à d'voir foncer dans un nuage d'poussière à en défoncer l'bitume et cramer la gomme des pneus... 'fin bref."


J'étais là, dans mes pensées, tout en suivant Kery. Mon fichu estomac finissait enfin par se calmer. Putain d'truc de rouge, quelle conne j'ai été d'tester ça, mais valait mieux moi qu'Mary.

Trou noir. Je ne sens plus rien ormis une brêve sensation de flottement. Fin du spectacle, je ne suis plus...

Une voix brouillée, grésillante. Non, en fait elles sont plusieurs. Ça vient d'où ? Aucune idée mais merde c'que j'aimerais qu'elles se taisent. J'ai l'impression que mon putain d'crâne va exploser, comprimé dans un étau. Faites les taire bordel, faites les taire !!!! La douleur est à la fois violente et lancinante... j'en peux plus. Les voix continuent "Il se passe quoi ??". Un écho lointain "Merde, elle n'est plus là, elle était derrière moi...."

Oublies ! un mot, un seul qui s'impose à mon esprit puis, de nouveau le néant. J'ai la sensation d'être loin, en sécurité dans un cocon de tiédeur, de douceur. Pour une fois, je me sens bien. C'est si agréable de se laisser aller à l'oubli, si reposant, si paisible... si pais... mais, merde non ! j'veux pas oublier ! c'est quoi encor' c'bordel ? et oublier quoi d'ailleurs ? Arrêtez merde, j'veux pas... ARRÊTEZ !!!

J'me sens vide. Les voix se font à nouveau entendre, ça provient d'mon collier apparemment. J'ouvre les yeux, grossière erreur. Tout me parait piqueté de noir et de blanc tandis qu'une violente contraction me vrille l'estomac. J'me laisse tomber sur les genoux et me force à respirer. Rien à faire, un flot de bile remonte dans ma gorge, je gerbe... pitoyable Dakota...pitoyable ouais, mais au moins mon estomac s'est calmer. J'en profites pour ouvrir à nouveau les yeux, plus lentement, et essais d'accrocher mon regard sur quelque chose. La pièce est froide, grillages, machines... un pod... j'suis à Lifenet.

- "Putain de merde, il s'est passé quoi ?" Les filles ne cessent de parler, de s'interroger, je sens leur stress et leur colère qui monte.
Allez ma vieille, un effort, parle, dis quelque chose... putain c'que j'ai mal au crane.
- "Ça va les filles... j'suis là..." Ma voix n'est qu'un murmure, laborieux, faible... mais j'entend leur soulagement. Pourquoi ? depuis combien de temps j'suis là ? Et pourquoi j'ai atterri là ? J'entend sans comprendre ce qu'elles racontent. Elles parlent d'un délai trop long, d'un crash qu'elles ont entendu. Elles veulent savoir c'qui s'est passé... si seul'ment j'le savais. Des questions, encore et encore... où je suis ? oui, ça j'peux répondre. Je me lèves, lentement, et fais quelques pas mal assuré, j'ai l'impression d'avoir d'la guimauve dans les jambes. "Lifenet... Odenville... j'suis à Odenville..."

Elles n'arrêtent plus de parler, bourdonnement incessant de questions et de commentaire. Ça parle de réparer l'ATV de Bridgette, de ne pas bouger, on vient m'chercher, et encore cette question :
- "Il s'est passé quoi ?
- Je... j'en sais rien..."
ma voix est faible, misérable... putain c'que je déteste ça.
- "Comment ça t'en sais rien ? Il t'a balancé quoi comme message le programme ?"
Froncement de sourcils, j'appuie sur mes tempes dans un geste las et desespéré.
- "Je... rien...
- Rien ? comment ça rien ? c'est impossible ça ! Il nous dit toujours de quoi on meurt !!"
C'est la voix de Kery. Je perçois son inquiétude mais aussi son incrédulité face à ma réponse... et pourtant... pourtant... j'ai beau réfléchir mais non, rien, toujours rien, trou noir. J'ai les nerfs, marre de les entendre et j'pige rien à leur histoire d'message et d'écran bleu. De nouveau ce putain d'noeud dans l'estomac, il faut qu'je sorte d'ici. J'avise une veste en cuir sur un siège, je la prend et me traine dans les escaliers, toujours poursuivie de leur voix, de ce bourdonnement, de ces questions "Dak... Dak.... Dak....
- "Putain j'ai pas eu d'message OK !! pas de putain d'message, c'est clair !?!" Ma voix est montée d'un cran. J'aimerais juste qu'on m'lache, me reposer, comprendre...

Ashley leur demande de me foutre la paix. Enfin une bonne idée. Les dernières paroles que j'entend vaguement sont pour me dire de n'pas bouger, qu'on vient m'chercher. Mais c'est trop tard, je suis à peine sortie du bâtiment que mes pas me mènent inexorablement vers le sud, vers la mine. Pourquoi ? aucune idée mais il faut que j'aille là-bas, coute que coute, il faut que je m'y rende. Rien n'a d'importance à mes yeux, ni la lumière éblouissante, ni l'air lourd chargé de sable et de poussières, ni le mec qui essais d'se mettre en travers de ma route et que j'abats froidement, sans réfléchir, plantant l'un de mes tomahawks dans l'gras d'son bide et j'abat l'autre, juste quand il se penche sous l'effet d'la douleur, sur son cou. J'essuies mes armes, voyant sans les voir les autres gars qui s'éloignent de moi, puis je me remet à avancer, tel un automate privé de raison.

Je finis par m'arrêter. Pas le choix vu que j'suis au bord de la falaise qui borde la mine. Je vois en contrebas quelque chose qui me semble à la fois familier et étranger. Je fais le tour, rattrapant le chemin qui mène au camp puis contourne le mur de tôle par l'extérieur.

- "Dakota, j'suis à Odenville, t'es où exactement ?
- A la mine... au su...Oh merde ! Putain de merde non !!!!!"


Je coupe tout. Je reste là, pantelante, ramassée sur moi-même, contemplant avec effroi le spectacle qui s'offre à moi, vision indélébile de mon corps écrasé, encastré entre la tôle et la moto. Membres disloqués, du sang... mon sang... partout... amas de chair étroitement lié au métal comme dans une étreinte fusionnelle, intime et désespérée. Mon corps... mon sang... je ne peux détacher les restes de mon cadavre et toujours aucun souvenir, rien, le néant...

Un bruit de moteur, Kery arrive.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Dakota Littlebear



Messages : 11
Date de naissance : 18/06/1976
Date d'inscription : 21/02/2010
Age : 40

MessageSujet: Re: Dakota   Sam 20 Mar - 16:06

Rêves

J'suis allongée. Je sais au fond d'moi que je suis allongée mais l'savoir n'empêche pas la chute, et j'tombes encore et encore dans un puits sans fond. Rien n'est calme. Le vent rugit à mes oreilles, rugit dans ma tête. Il fait vibrer de terreur et de douleur chaque parcelle de mon être, de mon corps... jouant de moi comme il le ferait d'une feuille morte, mais me précipitant toujours vers le bas, dans un kaléidoscope de couleurs trop vives, d'images trop rapides... rien n'est calme, rien n'est paisible.

Un goût amer qui me brûle la gorge. Une odeur âcre qui irrite mes narines. J'entend un tambour au rythme précipité et saccadé, un rythme qui s'accorde à celui de ma chute.

Un homme massif aux longs cheveux noirs et raides comme les miens. Sa peau est semblable à la mienne. Des larmes coulent sur ses joues... je le connais et pourtant, j'ignore qui il est... pourquoi ces larmes ? Je ne comprend pas.
Un éclatement de couleur, une autre image, un autre homme. Roux et pâle, son corps est criblé de balles. Du sang... tellement de sang. Il tourne vers moi son regard mort. Sa bouche s'ouvre, une voix de femme se fait entendre... c'est un chant. Les mots me sont familiers et étrangers, le chant est hypnotique et saccadé.

Le rythme du tambour devient de plus en plus fort, plus rapide. Les images se succèdent toujours plus vite. Une plaine, je n'en vois pas la fin. Un ranch. Des morts... partout... un mélange de corps de tout temps... Hommes et bêtes enlacés dans une dernière étreinte... cadavres putréfiés à divers stades. Tous tournent leur regard mort vers moi, leur bouche s'ouvre sur un cri que je n'entend pas.

Ma gorge, mes poumons... tout me brûle. Je deviens torche, je deviens feu et je tombe... encore et encore...

Une chambre d'hôpital froide et aseptisée.Je ne tombe plus. Une femme se dresse brusquement devant moi. Elle est nue hormis la peau de bête qu'elle porte, poussiéreuse, miteuse. Le chant vient d'elle et pourtant sa bouche est close. Elle se met à gesticuler... non... à danser... tout en tapant sur ce qui semble être un tambour. Des ombres approchent, comme attirées par ce que fait cette femme. Elles sont informes, croisement entre hommes et bêtes... voutées ou immenses, se trainant ou bondissant... mais toujours indistinctes... des ombres qui m'effraient et qui s'approchent toujours, inexorablement. Je ne peux rien faire d'autre qu'attendre... La femme s'arrête brutalement. Son regard me transperce comme le feraient des milliers d'aiguilles chauffées à blanc. Elle se met à murmurer. Je n'entend pas mais je sais... je sais ce qu'elle veut... mais je refuse. Les ombres me précipitent vers le bas, vers le puits sans fond, vers ma chute.... ma chute... un kaléidoscope de terreur.

Une voix de femme... non ma voix. Mais c'est un cri que j'entend. Il vient de moi et pourtant ce n'est pas moi. Le cri devient hurlement... un hurlement de rage et de douleur, de détresse et de désespoir... le hurlement d'une bête blessée, agonisante... La chute est vertigineuse, une femme rampe pour sa survie... créature dérisoire qui cherche pitoyablement une issue... et qui se retrouve écrasée de la même façon qu'on écrase une chenille sous le talon d'une botte. Le feu de mon corps me hurle de me souvenir... tandis que le vent impérieux m'ordonne d'oublier. Une moto, un corps désarticulé, étroitement mêlé au véhicule, créant un être de chair et de métal... du sang.. du sang... mon sang....


J'ouvre brusquement les yeux avec l'étrange sensation d'avoir explosé en moi-même. Je tourne la tête, observant un instant la silhouette endormie près de moi. Si je croyais au hasard j'me dirais qu'il fait étrangement les choses... mais j'y crois pas... et pourtant, nos routes se croisent souvent, trop souvent peut-être.
Je r'garde autour de moi. C'est sa piaule... faut qu'j'me casse... putain faut qu'je m'tires d'ici... b'soin d'un verre... ouais, b'soin d'un verre.

J'finis à peine d'me rhabiller que j'suis déjà dehors, sur ma bécane, son moteur ronronnant bruyamment entre mes cuisses. J'met les voiles vers un autre bled, j'met les voiles vers l'bar le plus proche.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
Dakota
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» vrement contente de l'ostéo pour dakota ( mon chien)
» [VENDUE] DODGE DAKOTA
» notre premier voyage au Dakota
» Pantalon DAKOTA noir/taupe - VENDU
» prix de list pour dodge dakota 2000

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
LA ZONE FRANCHE : le clan francophone d'accueil des nouveaux joueurs sur Fallen Earth :: SECTION ROLEPLAY :: BACKGROUNDS-
Sauter vers: