AccueilPortailCalendrierFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Mary Reiley - Mémoires à rebours

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Mary Reiley



Messages : 158
Date de naissance : 16/01/1980
Date d'inscription : 06/02/2010
Age : 36

MessageSujet: Mary Reiley - Mémoires à rebours   Mar 16 Mar - 16:11

Comme chaque nuit, j'observe le plafond de ma piaule, faiblement éclairé par la lune. La peinture écaillée dessine des centaines de petites pièces s'imbriquant parfaitement les unes dans les autres, souvenirs fragmentés de l'ancien monde.
Comme chaque nuit, le vent fait hurler les tôles rouillées, qui ne demandent qu'à s'arracher du toit pour parcourir le désert librement.
Comme chaque nuit, je ne trouve pas le sommeil.

J'envie la peinture du plafond... moi aussi j'aimerais pouvoir réunir le puzzle de ma vie. Je me suis toujours demandée qui j'étais avant de m'éveiller dans le Pod Lifenet. Étais-je une scientifique accomplie ? Une arnaqueuse de première ? Une Conductrice de grue ? Peut être juste une passante qui s'est mangé une balle perdue pour une baston qui ne la regardait pas. Fin de l'histoire. Ou plutôt début d'une nouvelle.

Cette nuit, j'ai une vision plus claire de l'avenir. La Dust Motors, mes collègues, et peut être des amis en devenir. C'est bien d'avoir un but dans la vie, je me le dit souvent. C'est même primordial. Mais comme le dit Tania, avoir une histoire c'est important aussi. On ne propulse pas une fusée dans l'espace sans une base solide... j'aimerais bien voir une fusée un jour...

Comme chaque nuit mes pensées divaguent, et les souvenirs de mon ancienne vie affleurent à mon esprit.

Je suis dans une petite pièce sombre, trop sombre. Mes mains sont maintenues dans mon dos. J'ai froid. Le sol est humide, et en baissant les yeux je m'aperçois que je ne suis vêtue que de mon collier Lifenet et d'une chemise déchirée et tâchée de sang. Le mien, sans doute. Trois silhouettes de bonne stature m'empêchent de me relever. Bordel, j'ai mal...

La plus grande silhouette, celle avec une batte de base-ball à la main, prend la parole. "Une dernière fois, salope: je veux savoir où tu l'as caché. C'est ta dernière chance."
Je crachait en sa direction, crachant plus de sang que de salive d'ailleurs. Hey, mais pourquoi je fais ça ? Mais dis leur Mary, bon sang !
Ignorant mon intervention, le grand bonhomme secoua la tête, et fit un signe au type à sa gauche, qui avança de quelques pas, une seringue à la main. Oh merde, que vont-ils me faire ?!
Ils m'empoignent à trois, je leur résiste autant que je peux... avec les mains dans le dos, j'arrive tout de même à en frapper un dans l'entrejambe d'un bon coup de pied, tandis qu'un autre m'injecte dans le bras la fichue saloperie. Merde, Mary déconne pas, dis leur où t'as mis le truc !

Ils m'envoient m'étaler au sol au fond de la pièce, tandis que je lance un regard de défi à celui qui se tient l'entrejambe. Il fait soudain chaud, trop chaud. Je tente de me remettre debout, mais mes jambes ne me répondent plus vraiment. Mon dieu, je brûle... ils ont mis de l'acide dans mes veines ! Ma respiration s'accélère, tentant de juguler la chaleur dévorante qui commence à me brûler entière. Je prend doucement conscience de chaque muscle de mon corps, lorsqu'ils se contractent violemment. Je me roule au sol en serrant les dents, offrant sans doute un spectacle pitoyable, mais au moins je ne crie pas. Ils n'auront ni une larme, ni un cri... oh mon dieu, j'ai le vertige... la nausée... mes oreilles bourdonnent. L'obscurité s'installe doucement... je me met à trembler sur le sol trempé... froid... glacé. Oh merde, j'veux pas mourir...


Je me redresse sur mon lit en poussant un cri à faire fuir les creepers à une lieue à la ronde, en sueur. Le message d'avis de décès de Lifenet résonne encore dans mon esprit "Sorry, you are dead". Merde... la Mary d'avant n'aurait sans doute pas pleuré.

J'ai fait mon premier pas vers mon passé ce soir... et j'ai peur de faire les autres.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://onirim.deviantart.com
Mary Reiley



Messages : 158
Date de naissance : 16/01/1980
Date d'inscription : 06/02/2010
Age : 36

MessageSujet: Re: Mary Reiley - Mémoires à rebours   Mar 16 Mar - 16:11

Il fait bon revenir en arrière, de temps en temps. J'ai pris la route de Midway, histoire de retrouver les quelques personnes qui m'avaient accueillies à la sortie du Bunker Lifenet, m'avaient offerts mes premiers petits boulots,et m'avaient présentés les Wastelands. J'en profite pour coller des affiches de pub pour la Dust... j'adore coller des trucs.

Dernièrement j'ai d'ailleurs collé les doigts d'un mec ! Un mec qui a l'air vraiment bien... un clone lui aussi, tout juste sorti du Pod, mignon, serviable et poli. Son allure me fait sourire, et me rappelle que moi aussi, j'étais dans son cas il y a peu de temps encore. Nous avons discuté. Pas autant que je l'aurais souhaité, malheureusement, et nous nous sommes séparés, certains de nous revoir le lendemain.

Je retourne machinalement à mon ancien squat, espérant que personne ne s'en soit emparé depuis mon départ. Mon esprit est ailleurs, et flotte sur des pensées honteuses, mais tellement agréables. Je me blottis finalement dans un coin de mon vieux squat vide, et enroulée dans ma couverture je laisse mes pensées vagabonder, et de doux rêves m'assaillir...

* *
*
Je retombe sur les draps, le souffle court, brûlante d'un feu ardent. Mes craintes et mes angoisses se sont envolées avec moi, propulsées hors de mon corps par mon extase intense. Je me blottis contre lui, lui en qui je fais toute confiance. Il me protège, m'écoute, et me soutient dans ma cause. Il n'est pas comme les autres Lightbearers... il est plus pragmatique, plus raisonnable, plus... rassurant.

Je finis par me lever... j'ai soif. J'enfile juste ma chemise, traversant la petite chambre d'un pas léger, sans faire craquer les lattes du plancher. Un verre d'eau à la main, je contemple la lune ronde et paisible. Pour une fois, je me sens bien.

Une piqure glacée au niveau de la gorge me tire de ma torpeur. Une lame de katana acérée est collée à ma peau, appuyée sur mon collier Lifenet. Le verre d'eau chute à mes pieds, éclaboussant mes jambes. Je suis désarmée... merde...

"A... Amour ? Ce n'est pas toi hein ? Tu ne peux pas... me faire ça... n'est-ce pas ?"
"Je suis désolé Mary. C'est allé trop loin, je ne peux pas te laisser continuer. Le bien commun avant le bien personnel, tu comprends..."

Il avait ce fanatisme dans la voix... ce fanatisme que j'ai tellement entendu et tant haï... Pas toi, non pas toi ! Putain Mary casse toi vite !
Trop tard. Un type s'était positionné juste devant la maison, une barre de fer à la main. Deux autres entraient d'un pas lourd dans la chambre, venant me plaquer violemment contre le bâtit de la fenêtre.

Le visage tourné vers la lune j'ai pleuré, et j'ai hurlé... hurlé à la mort mon amour brisé, mon âme trahie, mon honneur défiguré.


* *
*

Un cri aigu et déchirant me tire de mon cauchemar. Je me redresse vivement, baignée par un rayon de lune, une lune ronde et paisible... L'angoisse s'empare de mon coeur, tandis qu'un torrent de larmes vient dévaler mes joues. P'tain... c'est moi qui ai hurlé comme une malade ? Je risque d'avoir réveillé la moitié du quartier... vont croire à un meurtre...

Et merde ! Pour une fois qu'un rêve commençais bien... saleté de passé...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://onirim.deviantart.com
Mary Reiley



Messages : 158
Date de naissance : 16/01/1980
Date d'inscription : 06/02/2010
Age : 36

MessageSujet: Re: Mary Reiley - Mémoires à rebours   Lun 29 Mar - 17:02

I've been a wild rover for many's the year
I've spent all me money on whiskey and beer
But now I'm returning with gold in great store
And I never will play the wild rover no more

Ce soir, ma blessure m'empêche de dormir. Les comprimés de Dakota font certainement de l'effet, mais la douleur sourde continue à irradier au plus profond de mon épaule. La journée s'annoncait pourtant si belle...

Morgan et moi nous étions arrêtés sur un grand pont qui enjambait un profond canyon pour nous désaltérer, près d'Embry Crossroads. Décapsulant ma bière, je me perdais dans la contemplation de son visage. Le soleil paresseux soulignait la douceur de ses traits, le vent joueur faisait vivre sa chevelure sauvage et flamboyante. Je revois ses yeux s'agrandir, alors qu'il se lève soudain en regardant par dessus ma tête. Par pur réflexe, je me retournais en me glissant de côté sur le banc. Un bon réflexe, car la massue à clous qu'abattit sur moi l'inconnu ne s'enfonca pas dans mon crâne, mais dans mon épaule gauche, traversant sans mal ma chemise. L'homme au regard déterminé arracha sa masse de mon épaule, et s'aprêta a l'abattre une nouvelle fois sur moi, quand son bras fut bloqué par celui de Morgan. Dans un réflexe de survie, je pressais les détentes de mon fusil à canon scié dans la direction de mon agresseur. Une double détonnation transforma son abdomen en pulpe sanguinolente, et il alla s'écrouler sur une table, rendant son dernier soupir dans un gargouillis ensanglanté.

C'est à ce moment que tout devint cotonneux, et que le temps se mis à passer à une vitesse étrange. Je revois mon Morgan m'aider à ôter ma chemise... je pissais le sang de l'épaule au bout de mes doigts. Je revois le visage inquiet de Shinokko, qui avait du nous retrouver sur la route... j'étais rentrée en conduisant ma moto d'une main: je ne voulais pas l'abandonner au sud. On m'avait prise en charge à Oasis, et je crois qu'elles étaient toutes là, les Dusties. Je n'ai pas eu vraiment mal pendant tout le reste de la soirée, grâce aux soins de Dakota et de Tania.

Me restait en tête cette chanson, qui avait tant surprise Morgan. Il la connaissait... et moi je ne sais pas pourquoi j'aime la chanter...

And it's No, Nay, never,
No, nay never no more
Will I play the wild rover,
No never no more

Je sautais à bas de ma monture, sans prendre le temps de l'attacher. La nuit d'encre était ma meilleure alliée, et il fallait que je fasse vite avant qu'on ne remarque mon absence. Un vent fort charie les odeurs du désert, odeurs de rouille et de pourriture. Je titube en heurtant des gravats que je ne vois pas, serrant fortement contre moi l'objet de ma convoitise enroulée dans un tissu épais. J'ai pris tant de risques pour l'obtenir, tant de risques pour l'éloigner des Lightbearers. Il faut que je la cache, le temps de trouver une raison valable de quitter le village. Ils me traqueront si je m'en vais sans bonne raison, et seule avec un canasson, je n'irais pas loin dans le désert.

Trop occupée à regarder où je mettais les pieds, je ne remarquais pas la poutre de bois émergeant d'un petit batiment en ruines, à hauteur de poitrine. Un bruit mat accueilli mon épaule, et la douleur vive m'apprit qu'un clou venait de percer ma chair. Merde... comment vais-je expliquer ça à Lucio...

Pas le temps d'y réfléchir, je verrais ça le moment venu. Une volée de marches sous les gravats, une cave... j'allumais enfin ma lampe de poche. La cave est basse, quelques casiers de plastique vide, une cuve à pétrole... vide aussi. Je déballe mon trésor comme pour le regarder une dernière fois. Une carte informatique, d'une merveilleuse complexité. Des milliers de chemins argentés parcourent sa surface bleue, agrémentée d'une centaine de petites plaques de matériaux composites noirs. Un plaque plus grosse que les autres laisse apparaître un logo en trois dimensions sous la lumière de la torche: le logo LifeTech.

J'emplis mes yeux de cette vision fantastique, avant de la replacer dans le tissu, et de la glisser dans le petit espace entre le sol et la cuve. Mon épaule commence à me faire mal, j'ai intérêt à me dépêcher de rentrer.

Retournant comme je peux vers ma monture, une chanson me vient en tête. Une chanson qui me réconforte.


I'll go home to my parents, confess what I've done
And I'll ask them to pardon their prodigal son
And, when they've caressed me as oft times before
I never will play the wild rover no more


And it's No, Nay, never,
No, nay never no more
Will I play the wild rover,
No never no more

Merde, je chante à voix haute... désolée les filles.
Pour une fois, au moins, je ne hurle pas.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://onirim.deviantart.com
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Mary Reiley - Mémoires à rebours   Aujourd'hui à 10:56

Revenir en haut Aller en bas
 
Mary Reiley - Mémoires à rebours
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Mary Pierce
» Skyline C110 GT-R - Ken & Mary
» Créer un compte à rebours
» Vends Cartes mémoires photo Compact-flash
» compte a rebours...

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
LA ZONE FRANCHE : le clan francophone d'accueil des nouveaux joueurs sur Fallen Earth :: SECTION ROLEPLAY :: BACKGROUNDS-
Sauter vers: