AccueilPortailCalendrierFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Almira Parkerson - Hard luck woman...

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Leela Laughton



Messages : 35
Date d'inscription : 16/01/2010

MessageSujet: Almira Parkerson - Hard luck woman...   Ven 5 Mar - 9:54

Midway est probablement plus poussiéreuse que n'importe laquelle des villes du secteur, balayée presque constamment par ce vent à vous rendre dingue, vent directement venu des zones irradiées plus à l'ouest.

la ville attire du monde pour le savoir-faire de ses habitants en ce qui concerne la fabrication de toute sorte de matériaux et équipements.
Il y a du passage toute l'année, et tous les habitants permanents finissent par trouver quelque chose à faire de leur dix doigts et par vendre des bricoles et des connaissances aux gens de passage.

Comme on peut l'imaginer, grandir dans un trou comme Midway a son lot de désagrément quotidien. ça vous forge un caractère.
Almira Parkerson peut en témoigner.
Née à l'ancienne d'une mère de Midway et d'un père Don Juan de passage qu'elle ne connaitra jamais, Almira, fille unique fut élevée avec le sentiment permanent et oppressant que la survie de elle et sa mère dépendait de leur débrouillardise et de leur courage à toute les deux.
La fillette dès qu'elle fut en âge de porter et de servir même vaguement à quelque chose fut mise au travail.
Sa mère faisait partie d'une petite équipe de cuisiniers qui vivaient de l'incessant passage des voyageurs et de ces clones.

Mais l'arrivée d'Almira avait été plus ou moins inopportune. Sa mère n'aurait jamais eu l'idée d'avoir un enfant dans ce monde dégénéré. A peine arrivait-elle à survivre elle-même ! Mais la faiblesse de la chair et le sourire charmeur de ce voyageur lui avait fait commettre une erreur qu'elle regretta amèrement.
Toutefois, une fois la grossesse confirmée, et il avait fallu du temps, elle n'avait pas osé
s'engager sur une des pistes hasardeuses qu'on lui avait proposé pour avorter. ça aurait été du suicide.
La médecine à Midway et dans cette arizona du XXIIe siècle, c'était le moyen-âge.

Elle avait donc accepté avec beaucoup de peine le fait qu'elle allait enfanter. On peut imaginer les angoisses et les doutes qui peuvent assaillir une future jeune mère dans ce patelin de rien. Fort heureusement, son équipe et son entourage avaient été compréhensif et l'avait beaucoup aidée, autant en termes de facilité financière (si tant est que l'on pouvait encore utiliser ce terme en parlant de ces bouts de plastiques que s'échangeaient les gens) qu'en terme de soutien moral.
Elle avait toute de même eu le sentiment durant les derniers mois que le regard qu'ils avaient sur cette grossesse et sur elle était celui qu'on porte sur une victime d'une grave maladie incurable.

Ce n'était d'ailleurs pas loin de refléter l'état d'esprit de la mère d'Almira elle-même.
Et ce fut très largement confirmé lors de l'accouchement qui fut long, improvisé et douloureux et dont elle devrait garder des séquelles pour le restant de ses jours.


La fillette s'avéra vite être franchement garçon manqué et ne faisait pas semblant de travailler.
Lorsqu'elle fut en âge d'apprendre des choses plus sérieuses que faire cuire des oeufs de poulet mutants, elle fut rapidement prise en charge par un artisan de la ville qui la forma à toute sorte de bricolages.
à 19 ans, elle était déjà très douée pour fabriquer lames et armes de corps à corps, ainsi que une assez grande variété de vêtements renforcés.

Elle n'en demeurait pas moins distante et froide avec son employeur qui, depuis le premier jour, à 14 ans où elle avait franchit le seuil de ce taudis d'atelier n'avait cessé de lui faire des avances grasses et maladroite.

Elle avait tenu le coup avec la persévérance et la force de caractère qui resteraient deux de ses plus grandes qualités.
Elle attendait son heure.
En grandissant, elle avait eu vent de la vie dans les différentes villes aux alentours.
Et il était clair pour elle que Midway ne saurait pas contenir son vaste appétit d'exotisme.
Elle rêvait de Boneclaw et de ses guerriers courageux, d'Embry et de son aura de capitale, de Mumford et ses carcasses de satellites ou d'Odenville avec cet excitant conflit dont on parlait de plus en plus.
Sans avoir jamais vu plus loins que 500 mètres au delà des dernières maisons délabrées de Midway, notre adolescente s'imaginait que ces destinations, si lointaines pour elle, seraient sources de contes extravagants et d'aventures sans limite.

Un aléa tragique comme il en arrive si souvent dans les wastelands allait lui donner l'occasion qu'elle attendait tant pour se mettre sur les routes.
Peu de temps après les 22 ans d'Almira, sa mère mourut après une longue agonie d'une septicémie mal traitée. Elle avait été déclenchée par une idiote coupure de couteau de cuisine à la main droite.
La malheureuse avait vu sa main s'infecter et l'infection se propager impitoyablement jusqu'à avoir raison de la pauvre femme.

Malgré les antibiotiques rafistolés qu'on avait pu lui trouver, la mère d'Almira était morte au XXIIe siècle comme on mourrait encore à la fin du XIXe avant la découverte de la pénicilline.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Leela Laughton



Messages : 35
Date d'inscription : 16/01/2010

MessageSujet: Re: Almira Parkerson - Hard luck woman...   Ven 19 Mar - 0:41

Almira quitta Midway dans les quelques jours suivant la mort de sa mère.
Même si elle avait eu le temps de calmer les ardeurs et les attentes insensées de la gamine qu'elle était encore 2 ou 3 ans auparavant, et même si les circonstances lui gâchait tout enthousiasme de quitter enfin ce trou et de voir enfin le monde, il n'en demeurait pas moins en elle un vif et très présent sentiment de délivrance quand elle vit s'éloigner Midway dans la poussière levée par le trot de son cheval.

Durant les deux années qui suivirent, elle varia les occupations et les endroits.
Dans un premier temps partie à Mumford où elle trouva un atelier où travailler et parfaire ses techniques, elle ne tarda pas à ressentir le besoin de se mettre sur la route à nouveau.
Elle passa du temps à Embry, South Burb et sans oublier la crasseuse Oilville.

Après son départ initial de Midway, elle fut prise d'une envie constante de bouger, de partir.
Immanquablement au deuxième matin qu'elle voyait se lever sur une nouvelle ville, à peine
installée, avec un nouveau boulot, elle ressentait au fond d'elle cet irrépressible envie de partir.
Elle le ressentait moins comme un appel au voyage que comme un malaise par rapport à l'endroit où elle se trouvait.

Au bout de ces deux ans de ce qu'on peut appeler une errance, elle se surprit à regarder une carte de la région du plateau et à faire l'inventaire mentalement de ses haltes successives après son départ de Midway.
La lassitude à cet instant, dans cette station paumée à l'entrée de coppermine atteint son paroxysme.
Elle se sentait comme un poison rouge devant les horizons limités de son bocal minuscule : ce sentiment oppressant que lui imposait la certitude qu'aussi loin qu'elle pourrait aller dans ce monde borné par les zones irradiées, elle ne sentirait jamais chez elle. Elle ne trouverait jamais l'endroit où elle pourrait se poser et oublier, tourner la page.

Mais... il restait un point inexploré : Elle n'avait jamais osé aller à Boneclaw. L'image que les petites gens colportait des CHOTA l'avait toujours effrayée. Elle les voyait comme d'instables et imprévisibles anarchistes, sauvages au point de porter des armures et habits les laissant à moitié nus... dignes d'hommes préhistoriques...
Mais ce jour là, dans cette détresse claustrophobe, au sein de ce monde étriqué dont les limites lui pressait sur la poitrine et l'empêchait de respirer, elle trouva la ressource pour surmonter l'image qu'elle avait de cette ... ville.

La curiosité l'avait emportée.
Elle quitta Coppermine comme elle quittait d'ordinaire ses étapes plus ou moins longues :
sans un adieu, sans jamais prévenir personne.
Elle pouvait être installée depuis 2 jours ou 4 mois, elle partait comme ça, sur une nouvelle crise d'angoisse, sur un coup de tête insensé dont savait qu'il n'allait la mener nulle part... à nouveau.

Elle portait en elle la peur de retrouver ses démons dès qu'elle serait installée dans son nouveau refuge.
Lorsqu'elle arrivait à un nouvel endroit, il y avait cependant toujours une lueur d'espoir.
La découverte d'une ville, d'un patelin, de quelques maisons ou d'une station service délabrée pouvait lui faire espérer pendant quelques instant que cet endroit serait le bon.
Elle allait quelque fois jusqu'à se coucher en y croyant.
Mais le soleil se levant sur son eldorado avait à chaque fois le même effet : ses rayons délavait l'or des murs et laissait apparaitre l'insupportable vérité :
Cet endroit était comme les autres. il ne conviendrait pas. il ne lui offrirait la paix qu'elle cherchait désespérément.

C'est en pensant à tout cela qu'elle chevaucha donc vers Boneclaw.

Elle arriva par le nord, sur le côté ouest du pont dominant la ville.
Quand elle découvrit ce gros campement qu'était Boneclaw, sa première réaction fut d'être immédiatement déçue.
Cette ville était resté depuis son enfance comme un interdit tabou dans son imaginaire.

L'excitation de transgresser cet interdit datant des jours où sa mère lui racontait encore des histoires à son chevet le soir, avait éveillée en elle des espoirs encore plus fous que d'ordinaire lorsqu'elle se dirigeait vers une nouvelle destination.

Elle ne pouvait être que déçue.
Les milliers de tentes tapissant le canyon titanesque qu'elle imaginait dans son enfance et inconsciemment encore hier n'étaient qu'en fait quelques baraques bricolées au fond d'un trou à rat.
Les feux brûlants nuits et jours, entretenus par de fiers guerriers et servant à faire cuire des dizaines de gibiers et mets moyenâgeux n'étaient que quelques feux de camps épars et ternes.

La ville dont elle s'était promis qu'elle lui offrirait contes sauvages et source illimitée de découvertes n'était qu'en fait un minuscule nid de poule dont on faisait le tour en un coup
d'œil depuis ce pont le surplombant.

Ce qu'elle avait tenu pour être son dernier recours n'était qu'une ultime et désespérante déception.

Ecoeurée, elle failli faire immédiatement demi-tour.
Mais un homme l'ayant aperçu depuis son poste de garde sur le pont se dirigeait déjà vers elle.
Amère, elle tira la bride de son cheval et alla à sa rencontre.



Elle passerait au moins la nuit ici... se dit-elle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
Almira Parkerson - Hard luck woman...
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» 2008 Umhana par Ofir al hfifa et Almira de Tyv
» CHUCK LUCK / ACE OF SPADE, le choc des titans
» Cape en polaire pour vélomobiliste
» Hommage à Catwoman
» Comment rallonger les repose-pieds ?

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
LA ZONE FRANCHE : le clan francophone d'accueil des nouveaux joueurs sur Fallen Earth :: SECTION ROLEPLAY :: CARNETS DE ROUTE, CORRESPONDANCE & RECITS D'AVENTURES-
Sauter vers: